Une nouvelle définition des perturbateurs endocriniens adoptée par l’Union Européenne

Hier, mardi 04 juillet, les états membres de l’union européenne se sont entendus sur une définition légale commune des perturbateurs endocriniens, afin de pouvoir plus tard en réglementer ou interdire l’usage. Ce texte, proposé par la Commission européenne depuis le 15 juin dernier, avait jusqu’ici reçu de nombreuses critiques de la part de certains états membres (notamment la France, le Danemark, et la Suède), mais également de nombreux scientifiques et ONG, estimant qu’il n’était pas suffisamment restrictif pour pouvoir protéger notre santé et celle de nos enfants de manière efficace.

En effet, s’il se fondait sur la définition de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) suivante, donnée en 2002 : « Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants. », il ne reposait malheureusement pas sur un principe de prévention, mais au contraire sur la nécessité de fournir un niveau de preuves scientifiques très élevé, rendant l’identification des substances nocives difficile.

Une avancée importante au niveau européen selon Nicolas Hulot

La majorité requise pour l’adoption de ce texte a finalement été obtenue grâce au revirement de la France. Le Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, indique dans un communiqué qu’ « il s’agit d’une avancée importante pour la santé et l’environnement […] le gouvernement s’engage à utiliser la procédure prévue par le droit européen permettant, sur la base d’analyses scientifiques et techniques menées au niveau national, d’interdire la mise sur le marché français de produits contenant ces substances ».

Dans une interview accordée à Libération, le Ministre indique également avoir voté en faveur de ce texte après avoir obtenu des avancées : « J’avais demandé qu’on reconnaisse les PE présumés, en plus de ceux qui sont avérés. Cela permet, avec un niveau de preuve moins élevé, d’intégrer aussi des substances qui sont considérées comme suspectes, mais dont on n’a pas toutes les preuves. […] Dès que l‘on a des doutes sur une substance, sans forcément comprendre les mécanismes d’action ou d’interaction, on décide de l’identifier comme un perturbateur endocrinien. Là aussi, cela fait basculer dans le giron un certain nombre de substances qui, pour l’instant, étaient tenues à l’écart. »

Encore de nombreux progrès à faire en matière de lutte contre les perturbateurs endocriniens

Le Ministre reconnaît toutefois un échec dans les négociations : « Nous n’avons pas eu gain de cause sur la levée d’exemption de certains produits qui ont été conçus pour être des perturbateurs endocriniens ». Cette clause controversée empêche pour le moment un retrait du marché des pesticides « conçus spécifiquement pour perturber les systèmes endocriniens des insectes ciblés ». Or il n’existe aucune garantie que ces pesticides ne modifient pas notre propre système hormonal !

Il est important de noter que la commission a uniquement établi des critères pour les pesticides : il reste donc encore beaucoup à faire pour la lutte contre les perturbateurs endocriniens potentiellement contenus dans les emballages, cosmétiques ou encore les jouets.

En attendant que tout cela bouge, les Miss Cocoon gardent un œil attentif sur ce sujet et sur les moyens de pouvoir mieux choisir nos produits du quotidien.

 

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